Ahh cela fait déja près d'une dizaine d'années que l'Euro est entré dans notre quotidien. Je me souviens encore de cette époque : radios, journaux, télés, même mon boulanger, tous me demandaient
si j'allais m'habituer à cette nouvelle monnaie européenne... et moi de répondre avec soupir "de toute façon, faut bien."
Comme beaucoup d'autres, je m'auto-persuadais que ma jeunesse me donnerait de meilleures dispositions pour la gestion du changement. Après tout, ce sont les personnes agées avec
leurs (vieilles?) habitudes qui auront le plus de difficultés à s'adapter n'est-ce pas...
D'une manière générale, je pense que ce raisonnement est toujours vrai aujourd'hui encore, et je me demande même si ce n'est d'ailleurs pas scientifiquement prouvé...
Quoiqu'il en soit, à l'heure où ces lignes sont posées, je constate avec un relatif soulagement que l'euro s'est bien ancré dans mon inconscient... Je dois avouer quand même qu'il me fallu bien
plus longtemps que je ne le pensais pour l'assimiler.
Toujours est-il que si un système de pensée (franc / euros) s'est dissipé, je constatai avec étonnement qu'un autre type de raisonnement n'avait point disparu, une "méthode" encore plus enracinée
que le convertissage franc / euro...
Cette "prise de conscience" eut lieu il y'a quelques jours, alors que je dépensai une centaine d'euros pour des objets quand je me dis que "cela coutaît quand même une dizaine de bouquins".
Après quelques secondes de réflexion (d'aucuns diront que j'ai besoin de comprendre ce que je pense...), je fus renversé par l'idée que je convertissais finalement les euros en bouquins !
Je précise déjà par avance qu'il ne s'agissait pas vraiment d'un quelquonque regret de ma part sur les achats effectués qui me firent penser à une utilisation plus "judicieuse" de l'argent
en livres. Ce fut en fait un système de pensée qu'il me semble avoir acquis en étant étudiant.
A cette période faste de remises en cause de toute sorte, les livres répondaient à mes curiosités. Et acheter un bouquin, c'était presque comme acheter une baguette. Bien entendu, je parle de
livres de poche, car comme aujourd'hui, les portefeuilles de beaucoup d'étudiants sont peu remplis...
Avec du recul, j'ai la conviction que ce furent sans doute mon éducation, ma personnalité et mes centres d'intérêt qui me conduisaient à emprunter cette logique de comparaison. J'avais
acquis cette habitude de me dire que pour chaque dépense, j'aurai pu également obtenir tel nombre de livres. Ce raisonnement était devenu naturel finalement.
Cela indique peut-être d'ailleurs la réelle importance affective que l'on peut apporter à ce bien, et la place qu'il occupe dans notre propre échelle de priorité...
Et vous, vous arrive t-il d'adopter ce genre de raisonnement ? Chacun d'entre-vous ayant pu remplacer le "bouquin" par pantalon, Cd, set de maquillage, bonbons, plante, Dvd, place de
cinéma...
...et de vous dire "mince... j'aurai pu m'acheter également ça en équivalence..." ?
Le Monde
est tellement immense, notre Existence tellement éphémère... Vivons Curieux !
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